décembre 2007

Archive mensuelle

Chez moi…c’est ici !

Créé par le 31 déc 2007 | Dans : Non classé

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Demain du ventre du temps surgira une année nouvelle.
Njabulo S. Ndebele

Le Pakistan en danger

Créé par le 28 déc 2007 | Dans : Coups de gueule

LE MONDE | 28.12.07 | 10h38  •  Mis à jour le 28.12.07 | 10h38

Le Pakistan en danger dans Coups de gueule b

enazir Bhutto a été assassinée. Elle avait accepté son destin. Perçue comme une menace par le pouvoir, comme une ennemie par les islamistes pakistanais et Al-Qaida, comme une alliée de l’Amérique, « la Sultane » savait, en revenant le 18 octobre de huit ans d’exil, qu’elle risquait sa vie. « J’ai mis ma vie en danger et je suis rentrée parce que je sens que ce pays lui-même est en danger », a-t-elle dit à ses partisans, jeudi 27 décembre, lors d’un meeting électoral à Rawalpindi, juste avant de mourir. 

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Le soir de son retour au pays, déjà, un attentat avait failli lui coûter la vie, cette fois à Karachi. Benazir Bhutto pouvait paraître immortelle, mais elle était fataliste, et savait qu’elle était une cible pour les déstabilisateurs du Pakistan. Son assassinat a eu lieu à deux semaines d’élections législatives à l’issue incertaine, qui pouvaient autant faire basculer le pays dans la violence que sceller un nouveau pacte politique et faire d’elle un premier ministre pour la troisième fois de sa vie. Il illustre cette réalité : le Pakistan est une ligne de front.

Le « Pays des purs », détenteur de l’arme atomique et nid d’Al-Qaida, en conflit avec l’Inde au Cachemire et jouant un jeu trouble dans les guerres d’Afghanistan, est en première ligne. Le président Pervez Musharraf, fragilisé par la talibanisation du pays, discrédité au sein de la société pour son refus de rétablir la démocratie, est lui-même un homme en danger. Les démocrates souhaitent son départ et les djihadistes veulent sa mort. L’armée et les puissants services de renseignements, qui paient parfois un lourd tribut à la lutte contre l’islamisme armé, sont paradoxalement eux-mêmes minés par l’idéologie des talibans – mouvement qu’ils ont créé dans les années 1990 pour mener une guerre en Afghanistan – et par celle d’Al-Qaida.

« Ce pays lui-même est en danger », affirmait Benazir Bhutto juste avant d’être mortellement frappée. En état de guerre dans certaines provinces, instable, divisé, le Pakistan est aussi un danger pour la région, voire pour le monde. Sans pouvoir légitime, sans retour à la démocratie, sans une politique économique viable, sans une lutte politique et militaire efficace contre les djihadistes, sans une stratégie diplomatique claire en Afghanistan, le Pakistan est une menace qui va en s’accentuant au fil des ans.

La communauté internationale, notamment Washington, premier allié d’Islamabad, apparaît désarmée. Elle soutient Pervez Musharraf tout en s’en méfiant, elle craint la progression islamiste sans pouvoir l’arrêter, elle s’enlise dans la guerre afghane contre des talibans dont les sanctuaires sont au Pakistan. Aujourd’hui, il y a une urgence : définir une stratégie. L’assassinat de Benazir Bhutto doit servir de signal d’alarme.

Le magasin des suicides de Jean Teulé (Juillard)

Créé par le 27 déc 2007 | Dans : Coups de coeur

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Dans le magasin des suicides, on trouve toutes sortes de techniques pour se donner la mort. De la corde à se passer autour du cou (vendue avec ou sans le noeud) au baiser empoisonné délivré par la fille de la famille, ceux qui le veulent trouveront leur « bonheur ».

Et la famille qui tient ce magasin depuis 10 générations entend bien garder une réputation qui n’est plus à faire. Sauf que, le petit dernier est né avec le sourire et n’est pas avare de gazouillis envers les clients. Toute cette joie de vivre n’est pas du tout du goût de ses parents.

I’m the boy

Créé par le 25 déc 2007 | Dans : MyMusik

Joyeux Noël à tous !

Un instant de bonheur, 7 minutes grace à Serge.

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Il y a tente et tente

Créé par le 18 déc 2007 | Dans : Coups de gueule

Chronique de Françoise Degois

Le premier ministre, François Fillon, reçoit aujourd’hui les associations qui s’occupent des sans abris, notamment les Don Quichotte, après un week-end mouvementé.

« Je suis très contente, ce matin, et je vais vous dire pourquoi.

Parce qu’on a découvert la lune.

Chaque année, dès que nos bagnoles n’arrivent plus à démarrer ; dès que nos scooters crachouillent 10 fois avant de pétarader ; dès qu’on se recroqueville sous nos couettes, en se serrant très fort contre le radiateur humain qui dort à coté ; dès qu’on enfile nos doudounes – pas trop matelassés sinon ça fait bibendum – pour aller prendre un brunch avec nos copines le dimanche matin après avoir sué toute la nuit sur les dance floor ; dès que ça caille, que ça pèle, que ça gèle, que l’air conditionné saturé ronronne sur nos têtes dans nos open space et qu’on travaille bien au chaud en regardant dehors, à travers les vitres givrés, chaque année dans notre confort relatif, dans notre cocon social, on se dit : tiens, l’hiver est là et en hiver, il fait FROID.

Chaque année, aux alentours du 15 décembre, on découvre donc la lune.

Et on découvre aussi qu’il y a des gens qui n’ont pas de radiateur humain, pas de scooters, pas de collègues de bureaux, même les plus horripilants, pas de thé, pas de copains, pas de gant… juste un sac de couchage, un litron de rouge, un chien rempli de puce et des yeux pour pleurer.

Chaque année on redécouvre la lune, ces salauds de pauvres qui n’ont même plus la décence d’aller planter leur misère humaine ailleurs que sur nos grandes avenues, aux pieds de nos vitrines illuminées de Noël, ou de nos portes cochères, dont le heurtoir est astiqué 3 fois par semaine par la gardienne, obligé d’enjamber, ma pauvre dame ce qu’il reste d’un humain enroulé dans une couverture immonde.

Chaque année, la misère se montre de plus en plus à nos yeux qui veulent de moins en moins la voir, apeurés que nous sommes de basculer un jour dans ce tiers monde où les sans abri ne sont pourtant pas nés.

Le problème vient de loin. Je me souviens d’une campagne présidentielle, en 2002, où le candidat Jospin avait lancé, sûr de lui, l’ambitieux « zéro SDF ». On sait ce qu’il advint.

Je me souviens d’une campagne de 2007 ou le candidat Sarkozy avait lancé « un logement pour tous ». Je vois ce qu’il advient.

Je me souviens des tentes qui ont fleuri l’an dernier sur le canal Saint-Martin.

Je me souviens qu’elles ont tenté de repousser, samedi, sur les quais de Seine.

Tout cela a fini à la baille avec les risques de pollution encourus pour tout corps plongé plus de 2 minutes, dans cette eau aussi trouble que les promesses des gouvernements qui se sont succédés pour éradiquer la misère.

Dejà, le 9 Juillet 1849, Victor Hugo lance à la tribune de l’assemblée : « Faites maintenant des lois contre la misère. Je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute son intelligence pour que de telles choses ne soient plus. »

Déjà, le 1er février 1954, une femme meurt de froid dans Paris et l’abbé Pierre lance son fameux appel à la radio.

A chaque fois, l’insurrection de la bonté contre l’indifférence d’une société nantie, repue, consommatrice, une société, vous, moi, qui a toujours beaucoup de mal à regarder ses pauvres, comme elle refuse de voir ses vieux ou ses malades mentaux.

Samedi dernier, pendant que certains comptaient fleurette à Disneyland, la police chargeait les SDF à notre dame.

Hugo n’aurait pas manqué de faire le parallèle, dans un manichéisme parfaitement assumé, entre la tente bédouine installée dans les jardins de Marigny pour un ami si cher à la France et les tentes qui n’ont jamais pu fleurir sur l’ile de la Cité.

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